Théorie de la relativité roumaine
Pour ce dépaysant déplacement à près de 2000 kilomètres de Bordeaux, nous vous proposons un article exceptionnel sur le club du CFR Cluj. Une plongée dans le foot roumain de ces dernières années, qui est peut-être bien loin des idées que nous nous faisons. Le foot roumain, fait de fric douteux, de racisme et de corruption, bat cette année son record de clubs engagés dans l’UEFA. Voyage au pays des Carpates, entre post-communisme industriel et capitalisme primitif.
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Assister à un décrassage du CFR Cluj, là haut dans le Nord de la Roumanie, tient davantage de la punition que de la partie de plaisir. Coincé entre un mall déprimant et une décharge publique, le centre d’entrainement du club est un stade à demi-démoli, auquel on accède par une route non bitumée, la gadoue jusqu’aux chevilles. Entre deux toros, on entend les chiens aboyer et les vaches meugler. La pluie tombe sans discontinuer, le vent s’incruste jusque dans le caleçon et le thermomètre est tombé en deçà des dix degrés. C’est le 18 septembre, on est encore en été. Les supporters ? Deux adolescents en tee-shirts Iron Maiden qui fument des clopes en sautillant pour se réchauffer, un môme au regard méchant et son grand-père à l’ancienne.
« De la Roumanie, je ne connaissais que les images de la révolution, l’exécution de Ceausescu et des vieilles avec des foulards sr la tête. Quand je suis descendu de l’avion à Cluj, j’ai pensé à ma famille, en me demandant ce qu’on venait foutre ici. » Tony.
Un amateur de foot roumain : « Ici, on s’en fout un peu du CFR. Je vais parfois assister aux matchs parce qu’ils jouent bien, mais les vraies amateurs de foot vibrent pour l’Universitatea, l’autre club de la ville. » C’est que le CFR - prononcez T chéféré – a beau être centenaire depuis l’an dernier, il court toujours après son histoire. Et même maintenant qu’il est devenu la principale force du pays, les médias continuent de s’en foutre. Trop loin de Bucarest – sept heures de route montagneuse -, et pas assez glamour, le club a été fondé par la société des chemins de fer.
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Près de 2000 kilomètres pour atteindre Cluj depuis Bordeaux...
Si le CFR Cluj ne transporte pas les foules roumaines, c’est que son ascension n’a rien du conte de fées. Lorsqu’Arpad Pazkany a acheté le club, en janvier 2002, ce dernier végétait en 3e division. Millions après millions, le businessman a fait venir des joueurs (13 pour la seule intersaison 2007), gagné des places au classement, puis remporté des trophées. Au CFR, même les supporters sont achetés : 55 lei (environ 15 euros) par match pour faire le guignol dans le kop, plus le transport, le gîte et le couvert offerts en déplacement. Alors ils viennent… Une simple histoire de logique économique, pas plus poétique que celle de l’Olympique Lyonnais ou de Chelsea. D’ailleurs, Pazkany, 38 ans, est surnommé le « Roman Abramovitch de Roumanie ». Pas un hasard.
« La comparaison est évidente. Voilà deux hommes d’affaires qui viennent de l’Est, ont fait fortune jeunes et ont décidé d’investir dans le football sans se fixer de limites », analyse Maurizio Trombetta, l’entraineur de l’équipe. Ancien assistant de Francesco Guidolin à l’Udinese, l’italien a été engagé par les dirigeants roumains du jour au lendemain, alors qu’il coachait en 6e division transalpine : « Lorsqu’ils ont vu qu’ils allaient jouer la Coupe d’Europe, ils se sont dit qu’un préparateur italien ferait bonne figure pour bosser la tactique. Ils m’ont fait une offre astronomique par rapport à mes états de service, c’était hallucinant, je ne pouvais pas refuser », sourit-il.
C’est qu’Arpad Pazkany n’est pas venu pour s’amuser : « Je suis prêt à investir un quart de ma fortune pour mettre sur pied la plus grosse équipe de l’histoire du football roumain », affirme celui qui annonce un budget de 60 millions d’euros pour la saison en cours mais préfère rester en retrait, bien caché derrière son président fantoche Iuliu Muresan. Son trésor, Pazkany l’a constitué en Allemagne, dans l’immobilier. En quelques années à peine, Pazkany a réussi à faire édifier à Cluj l’un des plus grands centres commerciaux de Roumanie (avec Carrefour inside !) pour 140 millions d’euros, et à agrandir la piste d’atterrissage de l’aéroport de la ville, celle qui a vu atterrir les Girondins il y a quelques heures…
Actuellement, il fait construire un nouveau quartier de 200 hectares, à l’écart de Cluj, en même temps qu’il refait à neuf le stade de son équipe. Le nouveau centre économique du pays possède même son Starbucks, de manière à ce que les locaux puissent venir se la péter le samedi après-midi en claquant 1/20e de leur salaire mensuel dans un Frappucino framboise-cassis, comme n’importe quel occidental de ce nom. Cluj n’est pas encore tout à fait Londres, ça ressemble même plutôt à Saint-Etienne, mais après tout, pourquoi pas.
Le CFR emploie actuellement 6 argentins, 5 portugais, 3 ivoiriens, 2 brésiliens ou encore un canadien, pour 6 malheureux roumains. Bref, n’importe quoi, comme le confirme Trombetta : « Pour l’entrainement, j’utilise un mixte d’italien, de roumain, et d’espagnol. Et même avec ça, tout le monde ne comprend pas les consignes. Alors je rajoute de l’anglais. Parfois, je me demande si on n’est pas en train d’inventer une nouvelle vague… »
Ce succès montant du CFR n’est pas forcément du goût de tous, et notamment de celui du très décrié président du Steaua Bucarest, Gigi Becali (à lire dans SO FOOT : « Affreux sale et méchant. Il est vulgaire. Il est raciste, et il vous emmerde. »). Le message de Becali est clair : à Bucarest l’ambiance balkanique, les supporters chauds comme la braise, les édifices monumentaux hérités du communisme, le grand écart permanent entre les magasins de luxe et les chiens errants, les businessmen douteux et les roms en jogging-mocassins, bref la « roumanité ».
Et à Cluj le climat montagnard, l’argent étranger et la germanité austro-hongroise.
Pas bêtes, les autres dirigeants de clubs roumains ont adopté à leur tour la tactique du CFR : du cash et des étrangers, et advienne que pourra. C’est que le championnat roumain est devenu un endroit de choix pour s’en mettre plein les fouilles quand on a un peu de talent, mais pas de génie. « J’aimerais bien jouer en L1, mais c’est impossible : dans aucun club français à ma portée (ndlr : = son talent), je ne gagnerais autant de sous. Il faudrait que j’aille en Angleterre pour ça », affirme Yssouf Koné.
Mais attention à ne pas s’emballer non plus. S’il pleut des dollars en Roumanie, le pays reste éloigné des standards anglais. Lorsqu’Abramovitch met 20 millions d’euros sur un joueur, sa réplique transylvanienne Pazkany monte rarement au dessus des 2 millions. « Nous attirons des Sud-Américains de second rang, pas très chers, mais qui pourraient jouer en milieu de tableau dans les grands championnats. Sauf que chez nous, ils jouent la Ligue des Champions », explique le président Iuliu Muresan.
Depuis que le fric afflue, les scandales se multiplient en Roumanie. Le président de la fédération roumaine avait cru régler ce problème en 2002 : celui qu’on surnomme « Le Parrain » avait réuni dans son bureau l’ensemble des dirigeants de clubs du pays pour leur proposer le deal suivant : arrêtez d’acheter les matchs, et je stoppe les procédures en cours. Visiblement, le message n’est pas passé. Pour aller jusqu’au titre, le CFR Cluj a ainsi bénéficié l’an dernier de penaltys pour le moins étranges. « Je refuserai de jouer à nouveau contre Cluj tant que la partie ne sera pas arbitrée par un arbitre étranger », s’est exclamé Marian Iancu, le propriétaire de Politehnica Timisoara.
Lors du dernier match de la saison dernière, un derby CFR Cluj / Universitatea, des dirigeants du Steaua Bucarest se sont fait choper à Cluj en train de déjeuner au restaurant, une mallette en cuir ouverte sur la table. Dedans : 1,7 millions d’euros en cash. Si Cluj ne gagnait pas, le Steaua de Gigi Becali était champion. Quelques semaines plus tôt, le Steaua avait déjà versé 13 000 dollars au Dacia Mioveni pour avoir tenu le CFR en échec. Et le mois d’avant, pour d’obscures raisons, le club avait obtenu de gagner 3-0 sur tapis vert un match mal embarqué contre le Rapid Bucarest. Hasard ou non, le délégué arbitral ce jour-là s’appelait Alexandru Deaconu, un ancien joueur issu du centre de formation du Steaua. Ces différentes affaires sont actuellement entre les mains de la justice, mais il y a fort à parier qu’elles finiront classées. Après tout, Gigi Becali a un sacré alibi : « L’argent trouvé à Cluj était destiné aux bonnes œuvres. Nous voulions simplement acheter du chocolat aux enfants pauvres de Transylvanie. » Et Dieu sait que tout le monde a droit à un peu de réconfort. « Oh, si vous commencez à faire attention à la corruption, vous êtes pas prêt de vous intégrer dans ce pays », se marre Tony.
Bienvenue en Roumanie.
article condensé tiré de SO FOOT de octobre 2008 (écrit par Stéphane Régy) avec qui nous sommes partenaires.
Le dernier numéro vient de paraitre en kioskes, n’hésitez pas à le découvrir si ce n’est déjà fait !







Le Stade Rennais a donné une leçon d'efficacité offensive aux Girondins, battus 4-2 dans un match à rebondissements.




Il y a des semaines comme ça où par « football » on aimerait entendre « beau jeu », « fair-play », « élégance ». Aujourd’hui, et alors que traquenards, spéculations et modus vivendi vont bon train boulevard de Grenelle, c’est à « violence », « hooligans » et « fric » que l’on associe volontiers ce mot. Méchants supporters niçois désinvoltes ayant sali notre sport ! Pourtant, derrière ce portrait se cache une toute autre réalité. Celle d’une compétition à remporter et dont la prochaine étape s’annonce loin d’être réglée. Bienvenue à Rennes, dernier club lounge de l’hexagone où ballon rond ne rime pas nécessairement avec baston.
"Dorénavant, lorsqu'une question commencera par SI, je n'y répondrai pas". Oui d'accord Laurent, mais SI tu pars, que va devenir ce groupe Girondin qui semble inarretable ? SI l'équipe de France t'appelle vraiment, que feras tu ? SI Jean Louis et Nicolas te donne ce que tu désires (un stade, plus de moyens, des prolongations de contrat), cela peut-il te faire rester ? Et SI en ce moment tu commençais a nous préparer a ton éventuel départ ? Effectivement, c'est dur de ne pas poser des questions commençant par SI... Avec des SI tu dois certainement couper du bois, nous supporter Girondins, on se torture l'esprit...

hey!hey!hey! on en confiance
hey!hey!hey!
on en confiance en eux...ils peuvent gagner demain soir!!! tous sur tf1!!
allez bordeaux!!!
article tres complet , bravo
article tres complet , bravo
super article merci, bonne
super article merci,
bonne continuation
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